< Rocher (Guy) - La La Mémoire du Québec

Rocher (Guy)

Un article de la La Mémoire du Québec (2022).

  • Homme de sciences (sociologue, professeur et conférencier québécois) né à Berthierville en 1924 (20 avril 1924).

Études au Collège de L'Assomption (cours classique ; 1935-1943), à l'Université de Montréal-UdeM, à l'Université Laval à Québec-ULQ (sciences sociales) et à la Harvard University de Cambridge, Massachusetts, États-Unis (doctorat en sociologie sous la direction de Talcott Parsons (1950-1958).
Président (1943-1945) de la Jeunesse étudiante catholique (JEC).
Professeur (1952-1960) et directeur (1958-1960) de l'École de service social de l'Université Laval à Québec-ULQ.
Professeur titulaire de sciences sociales au Département de sociologie de l'Université de Montréal-UdeM (1960-1962).
Vice-doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université de Montréal (1962-1967).
Membre de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec (Commission Parent, 1961-1965) où il se signale en défenseur de l'État-Providence. Il est l'un des principaux rédacteurs du rapport de la Commission Parent sur l'enseignement dans la province de Québec (1966).
Vice-président du Conseil des arts du Canada (1969-1974)
Secrétaire général associé du Conseil exécutif de la province de Québec et sous-ministre au Développement culturel du gouvernement du Québec (1977-1979).
Président du Comité d'étude sur l'avenir de Radio-Québec (1978 -1979).
Chercheur associé au Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal. (1980 -1981).
Sous-ministre au ministère du Développement social du Québec (1981-1983).
Président du Comité d'étude promoteur de la création de l'Université du Québec*- UQ.
Président du conseil d'administration de Radio-Québec.
À son instigation, l'Assemblée nationale du Québec adopte une loi sur la laïcité en 2019.
Décès en 2025 (3 septembre 2025) à l'âge de 101 ans.
Le 5 septembre 2025, François Legault, le premier ministre du Québec annonce que Monsieur Rocher aura droit à des funérailles nationales.
Autre reconnaissance :
Guy Rocher, le révolutionnaire tranquille est le titre d'un article de Gérard Bouchard dans Le Devoir du 5 septembre 2025, page A6.
Décès en 2025 (27 octobre 2025)
Le Gouvernement du Québec lui réserve des funérailles nationales.

  • Publications - Liste partielle :


Introduction à la sociologie générale (essai en 3 volumes, Hurtubise HMH, 1968-1969, traduit en espagnol, italien, portugais, grec, persan et anglais).
École et société au Québec. Éléments d'une sociologie de l'éducation (avec Pierre Bélanger, 1970 et 1975).
Talcott Parsons et la sociologie américaine (Paris, 1972).

Talcott Parsons, né le 13 décembre 1902 à Colorado Springs, Colorado et mort le 8 mai 1979 à Munich, est un sociologue américain. Il est considéré comme l'un des sociologues les plus influents depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusque dans les années 1960. Il a développé la théorie de l'action et a fortement contribué au courant du structuro-fonctionnalisme, même si vers la fin de sa carrière, il considère que cette description de sa pensée n'est pas adéquate[1]. Après un doctorat en économie à l'Université de Heidelberg qu'il termine en 1927, il rejoint Harvard, où il devint l'un des premiers professeurs au nouveau département de sociologie[2].
La sociologie de Parsons est empirique et systématique.
Elle s'inscrit dans et se pose en fondement du courant théorique des systèmes sociaux.
Ses traductions en français de certaines oeuvres de Max Weber en l'anglais et les commentaires et analyses qu'il rédige à propos de l'oeuvre de Weber ainsi qu'à propos de celles d'Émile Durkheim et de Vilfredo Pareto sont de mémorables contributions à la sociologie anglo-saxonne.
C'est dans ces oeuvres qu'il est possible de retrouver les emprunts qui ont imprégné sa vision du monde social.
Sa théorie emprunte aussi des éléments de Sigmund Freud et a permis de développer différentes approches plus « opératoires » de la socialisation.

Sigmund Freud, né le 6 mai 1856, est le fondateur de la psychanalyse et a profondément influencé notre compréhension de l'esprit humain et des mécanismes psychiques.
Biographie
Sigmund Freud, né le 6 mai 1856 à Freiberg (aujourd'hui en République tchèque), a grandi dans une famille juive dans l'Empire austro-hongrois. En 1860, il a déménagé à Vienne où il a été exposé à un environnement intellectuel riche, propice à son développement en tant que neurologue et psychologue.
Wikipedia

Contributions à la Psychanalyse
À partir des années 1970, une nouvelle génération de sociologues lui reproche un style trop complexe et d'avoir une approche trop conservatrice. Sa théorie est aujourd'hui moins enseignée que pendant les années 1940 à 1970. Néanmoins, ses idées redeviennent populaires dans le monde anglo-saxon.

Certaines oeuvres de Guy Rocher :
Le Québec en mutation (essai, 1973)
Génération, mutation et conjoncture. Une étude des changements d'attitudes dans le Québec des années 1970.
Le Québec en mutation (essai, 1973)
Entre les rêves et l'histoire, Entretiens avec Georges Khal (essai, VLB, 1989)
Guy Rocher. Entretiens (avec son neveu François Rocher, Boréal, 2010)
Violences politiques (participation au collectif publié sous la direction d'Ivan Carel, Robert Comeau et Jean-Philippe Warren, avec Bernard Dagenais et 11 autres collaborateurs, éditions Lux, 2013)
Le Savant et le politique (essai, Presses de l'Université de Montréal-PUdeM, 2015).
Guy Rocher - Le sociologue du Québec 1963-2021 (Pierre Duchesne, Québec-Amérique, 2021)

Contexte historique :

Avec l'avènement de la Confédération en 1867, les leaders canadiens-français au Québec constatent que les droits des minorités francophones sont menacés. C'est le cas au Nouveau-Brunswick.
(voir Question des écoles au Nouveau-Brunswick).
(Voir Question des écoles de l'Ontario) et au Manitoba (voir Question des écoles du Manitoba), surtout dans les systèmes d'éducation).
(Voir aussi Question des écoles du Nord-Ouest; Article 23 et éducation francophone hors Québec.)

Ces réalités ouvrent la voie au nationalisme musclé de Lionel Groulx. Ce dernier voit la Conquête comme étant la pire catastrophe qui ait touché le peuple canadien-français. Ce courant nationaliste mène plus tard au mouvement séparatiste, incluant le Rassemblement pour l'indépendance nationale (voir Parti Québécois).
Entre-temps, la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1963-1971) révèle que le poids politique et économique des Canadiens et des Canadiennes francophones est inadéquat par rapport à leur nombre. En 1965, les francophones québécois(es) gagnent en moyenne 35 % de moins que les anglophones. Plus de 80 % des employeurs et des employeuses sont anglophones. La représentation au sein de l'administration fédérale et les services en français à l'extérieur du Québec sont aussi des préoccupations de longue date.
Le mouvement nationaliste québécois considère que la fragilité de la langue française rend nécessaire sa protection de la majorité nord-américaine.
Protéger la langue française servirait aussi d'outil de promotion nationale. Ceci permettrait alors aux francophones d'obtenir le contrôle économique et politique de la province de Québec.
Législation au Québec
L'évolution des lois sur la langue a été graduelle au Québec. (Voir Politiques linguistiques du Québec.)
La loi 63 entre en vigueur en novembre 1969. Cette loi exige que les enfants scolarisés en anglais acquièrent une connaissance pratique du français. La loi 63 assure aussi que les personnes immigrantes aient une connaissance pratique du français à leur arrivée au Québec. ( Voir aussi Politique d'immigration québécoise.)
En 1974, le gouvernement libéral de Robert Bourassa met en oeuvre la loi 22. Celle-ci déclare que le français est la langue officielle du Québec. La nouvelle loi oblige tout immigrant et toute immigrante arrivant au Québec à s'inscrire à une école de langue française.
Une nouvelle loi sur la langue figure aux plus hauts rangs des priorités du Parti Québécois, qui est élu en 1976 sous la direction de René Lévesque.
En 1977, le Parti Québécois introduit le projet de loi 1. Celui-ci est fortement appuyé par les groupes nationalistes et les organisations syndicales dont les membres francophones souhaitent bénéficier d'un meilleur accès aux emplois. L'initiative du PQ rencontre une égale opposition des dirigeant(e)s d'entreprises et de la population anglophone de la province.
Ce premier projet de loi est retiré à la suite des pressions exercées par l'Opposition libérale, mais il réapparaît sous la forme du projet de Loi 101.
Introduite par Camille Laurin, la Loi 101 fait du français la langue officielle du gouvernement du Québec et de la société québécoise. L'enseignement en français devient obligatoire pour les immigrants et immigrantes. C'est le cas même pour ceux et celles en provenance d'autres provinces canadiennes. Une exception est possible dans les cas où il existe une « entente de réciprocité » entre le Québec et une province canadienne d'origine.

  • Distinctions :


Compagnon de l'Ordre du Canada-COC (1971)
On le considère comme l'architecte de la Loi 101 ; (i.e. la Charte de la langue française).
Foreign Honorary Member of the American Academy of Arts and Sciences (1973)
Membre de l'Académie des lettres et des sciences humaines de la Société royale du Canada-SRC (1974-)
Prix Brascan pour les arts (1980) offert par la Fondation nationale des prix du Magazine canadien pour son article 'Un demi-siècle d'évolution culturelle au Québec, publié dans le University of Toronto Quarterly vol. 50, 1980)
Prix ACFAS Marcel-Vincent en sciences sociales (1989) décerné par l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences-ACFAS.
Prix de la Société canadienne de sociologie et d'anthropologie (1989)
Chevalier (1991), puis officier (2018) de l'Ordre national du Québec-OONQ.
Médaille Pierre-Chauveau de la Société royale du Canada-SRC (1991)
Prix Léon-Gérin du Gouvernement du Québec pour les sciences humaines (1995)
Prix Molson du Conseil des Arts du Canada-CAC pour les sciences humaines (1997)
Prix Esdras-Minville de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal-SJBM (1999)
Prix William-Dawson de la Société royale du Canada (1999)
Prix Condorset-Dessaules (2009)
Le Prix Condorcet-Dessaules a été institué en 1993 par le Mouvement laïque québécois pour honorer une personnalité publique qui a oeuvré pour la défense de la laïcité et de la liberté de conscience. Il est nommé en l'honneur de Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, et de Louis-Antoine Dessaulles, un activiste et homme politique québécois. Ce prix reconnaît les contributions marquantes d'une personne ou d'un groupe à la promotion de la laïcité au Québec.

Prix Gérard-Parizeau (IPSO, 2011)

Source :

Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord (Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, Fides, 1989)

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