Rochefort (Jean-Claude)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Il a été reconnu coupable d'avoir, au cours des 30 jours précédant le 30e anniversaire de la tuerie de l'École polytechnique fomenté la haine envers les femmes pour avoir félicité Marc Lépine qui avait assassiné 14 femmes à l'École polytechnique le 6 décembre 1989. Certains des messages de Rochefort décrivait Marc Lépine comme un saint ; d'autres étaient des auto-portraits de lui-même portant une arme.
Le 5 décembre 2022, Rochefort publiait : «Joyeux 6 décembre ; Le jour international de Marc Lépine est presque de retour. À partir de maintenant, tous les hommes devraient décorer leur résidence. Les lumières devraient être allumées. Les cartes envoyées, les carabines astiquées. Une journée pour fêter, pour boire, et célébrer».
Le 9 décembre 2022, l'homme de 73 ans a affirmé qu'il devrait être un imbécile pour publier une autre fois des propos qui l'ont conduit à sa condamnation. «Si je publie encore ce genre de propos, j'aurai l'air d'un clown, parce que j'ai tout dit sur la question. J'aurai l'air d'un vieux disque qui se répète ; je n'aurais aucune crédibilité. La couronne demande que Rochefort soit condamné à une peine de 12 mois de prison suivie d'une période de probation ; le procureur de la défense suggère plutôt une peine de 9 mois à purger dans la communauté.
Quelques notes additionnelles sur Jean-Claude Rochefort :
En 2022, Jean-Claude Rochefort, un Montréalais de 73 ans, risque maintenant jusqu'à deux ans d'incarcération pour ses écrits violents remontant à l'automne 2019. À cette époque se préparaient les commémorations de la triste tuerie du 6 décembre 1989, date à laquelle un tireur avait abattu 14 femmes dans une salle de classe de l'École Polytechnique de Montréal.
Mais pour Rochefort, cette tragédie était plutôt l'occasion de célébrer l'assassin.
Ainsi, à partir de septembre 2019, il s'est mis à publier des entrées de blogues antiféministes. II avait été contacté par des groupes d'incels sur internet, leur promettant de publier 66 textes en autant de jours.
Et la violence de ses écrits, dessins et montages, allait en crescendo.
Rochefort, un blogueur antiféministe qui vénérait Marc Lépine n'a pas réussi à convaincre un juge que ses écrits violents n'étaient que des blagues et a été reconnu coupable d'avoir fomenté la haine envers les femmes.
Nota : Dans l'usage actuel, en particulier depuis la tuerie de Toronto en avril 2018, dont Rochefort se réclame de la « rébellion incel » :
le terme Incels désigne plutôt les communautés misogynes extrémistes qui se désignent sous le nom d'incels, et dont se sont inspirés plusieurs meurtriers de masse.
«Il associe les femmes et les féministes à des sauvages, a indiqué le juge Pierre Labrie.
Le groupe ciblé est présenté comme la source des problèmes actuels dans la société.
Il est présenté comme [...] une menace pour les hommes [...], diabolique [...], à la tête d'un complot et comme l'ennemi.
Jean-Claude Rochefort risque maintenant jusqu'à deux ans d'incarcération pour ses écrits violents remontant à l'automne 2019. À cette époque se préparaient les commémorations de la triste tuerie du 6 décembre 1989, date à laquelle un tireur avait abattu 14 femmes dans une salle de classe de l'École Polytechnique à Montréal.
Rochefort fait la glorification de Marc Lépine. De plus, il banalise la tragédie de Polytechnique et insulte les 14 victimes. Une partie de ses lecteurs sont des incels, soit [selon lui] des 'jeunes hommes frustrés de moins de 25 ans qui ont de la misère avec les filles'», a déploré le juge Pierre Labrie, avant de déclarer le septuagénaire coupable sur toute la ligne.
Rochefort, un blogueur antiféministe qui vénérait Marc Lépine n'a pas réussi à convaincre un juge que ses écrits violents n'étaient que des blagues et a été reconnu coupable d'avoir fomenté la haine envers les femmes.
Professeurs visés
Pire encore, les écrits de Rochefort suggéraient que «la profession de tueur de féministes» devait exister.
«Des textes sont traduits en anglais, a ajouté le magistrat. M. Rochefort a pris le temps de faire des montages d'images. Il voulait rejoindre le plus de lecteurs possible.»
Certains textes visaient d'ailleurs personnellement des professeures de l'UQAM, dont une qui enseigne en études féministes et en sociologie, et qui était à l'époque responsable de l'organisation des commémorations de Polytechnique à son université.
Des plaintes ont été déposées à la police et, la veille du 6 décembre 2019, Rochefort a été arrêté.
Lors de son procès au palais de justice de Montréal, le septuagénaire s'est toutefois défendu d'avoir fomenté la haine. Disant viser les féministes et non les femmes, il a expliqué avoir agi parce qu'il était «fatigué» par les commémorations entourant la tuerie de Polytechnique.
Défense «Tintin»
Il s'était aussi dit «choqué» par les nouvelles lois concernant les droits des femmes et qui sont selon lui des « excès des féministes radicales ».
Mais, du même coup, Rochefort avait tenté de convaincre le juge de la Cour supérieure qu'il n'avait aucune intention malveillante. Ses propos, disait-il, ne devaient pas être pris au sérieux, mais plutôt être vus comme «de la satire et de la dérision».
Il cite l'exemple d'Hergé qui, selon lui, a créé des personnages drôles et ridicules, a dit le magistrat. Selon M. Rochefort, les aventures de Tintin sont de la satire. Il dépose en preuve deux albums [du célèbre personnage de bande dessinée] pour illustrer son propos.»
Les écueils dans le témoignage de Rochefort n'ont toutefois pas suffi à le faire acquitter. Car au terme d'une analyse exhaustive, le juge a conclu qu'en effet, l'accusé avait volontairement fomenté la haine envers un groupe identifiable, soit les femmes.
«Il faut pénaliser la propagande haineuse», a commenté Me Roxane Laporte de la Couronne, juste après le verdict.
Rochefort, l'air penaud, n'a pas souhaité commenter la décision. Son avocat, Me Rodolphe Bourgeois, a fait de même.
