Québec (province). Devise, drapeaux, emblèmes et fête
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Devise du Québec
JE ME SOUVIENS.
Origine : dans l'édition du quotidien Le Devoir du 23 juin 2005) , l'historien Jacques Rouillard citant l'historien Gaston Deschênes, dit que, en 1885, l'architecte du Parlement de Québec, Eugène-Étienne Taché, a fait graver Je me souviens dans la pierre du fronton de la porte principale de l'Hôtel du gouvernement sous les armoiries de la province ; ces armoiries, offertes par la reine Victoria en 1868, comprennent un écu surmonté de la couronne royale ; l'écu comporte deux fleurs de lis représentant le souvenir de la Nouvelle-France, un léopard, symbole du régime et de la couronne britannique, et un rameau de trois feuilles d'érable illustrant l'appartenance au Canada ; même si les armoiries ne sont pas la composition de Taché, elles correspondent aux choix symboliques qui l'ont guidé pour décorer le parlement.
En 1908, lors du 300e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, Taché écrivit sur le médaillon commémoratif : Dieu aidant, l'oeuvre de Champlain née sous les lis, a grandi sous les roses ; la phrase évoque le Régime français (les lis) et le Régime anglais (les roses) ; Je me souviens deviendra officiellement la devise du Québec en 1939 ; la façade du Parlement ornée des statues de personnages historiques qui ont marqué l'évolution de la démocratie au Canada appelle la phrase Je me souviens ; la décoration intérieure du parlement compte plusieurs fleurs de lis évoquant la France, ainsi que des lions, des léopards, des couronnes et des roses évoquant l'Angleterre.
Drapeau et fête du Québec
D'AZUR À LA CROIX D'ARGENT CANTONNÉE DE QUATRE FLEURS DE LYS.
- Éphémérides :
1534 La croix que Jacques Cartier a planté à Gaspé en 1534 comportait l'écu de France: trois fleurs de lys d'or sur champ d'azur.
N.B. Les Assyriens utilisaient la fleur de lys comme décoration, 3 000 ans avant l'ère chrétienne. Les Égyptiens et les Européens se la sont ensuite appropriée. Au Québec, elle arrive de France comme symbole de la royauté.
1608 Le pavillon de forme carrée qui flotte sur le navire de Samuel de Champlain est constitué d'une croix blanche sur fond bleu sombre comme l'ancien drapeau de la nation française.
1638 La Nouvelle-France
1758 (8 juillet 1758) L'ancêtre direct du fleurdelysé est la bannière qu'arborait l'armée de Montcalm à Carillon (Fort Ticonderoga, New York) lors de sa victoire contre l'armée d'Abercromby ; de couleur bleu ciel, elle portait, au centre, l'écu de France, dans les coins, quatre fleurs de lys d'argent et, à l'endos, les armes du marquis de Beauharnois.
1759 Après la conquête de Québec par les Anglais, le drapeau anglais appelé Union Jack flotte sur les mats du gouvernement de la Province of Quebec.
1832 Louis-Joseph Papineau crée un nouvel étendard, le tricolore des patriotes constitué des bandes horizontales en partant du haut du drapeau : les couleurs verte, blanche et rouge, parfois accompagnées d'emblèmes (castor, feuillle d'érable ou poisson maskinongé).
1834 (24 juin 1834) L'éditeur de journaux Ludger Duverney convie une soixantaine de personnalités notables, francophones et anglophones, à un banquet champêtre afin de discuter de l'avenir du Bas-Canada ; à partir de cet événement, la date du 24 juin est associée au patriotisme. La fête nationale du Québec tiendrait son origine d'une célébration païenne pendant laquelle des feux de joie étaient allumés pour souligner la journée la plus longue de l'année ainsi que la nouvelle saison.
1843 (24 juin 1843) Premier défilé de la Saint-Jean à Montréal.
1847 (Automne 1847) Louis de Gonzague Baillairgé est contacté par le frère récollet Louis Martinet dit Bonami ; le dernier survivant de l'ordre des récollets au Québec qui, avant de mourir, souhaitait raconter à Baillairgé l'histoire du drapeau de Carillon... Présent à la bataille de Carillon, le supérieur des récollets avait alors rapporté à Québec l'étendard qu'avaient brandi les troupes françaises représentant 4 fleurs de lys pointant vers un centre marqué des armoiries du roi de France ; cette relique fut conservée malgré la conquête anglaise et malgré l'incendie qui anéantit l'église des récollets où l'étendard était conservé jusqu'en 1796 remisé dans un coffre que le dernier survivant des récollets souhaitait rendre au peuple québécois par l'intermédiaire de Baillairgé comme témoignage d'une de ses plus glorieuses pages d'histoires. Jusqu'à sa mort en 1886, Baillairgé a refusé de présenter le drapeau au public répondant que «Le drapeau n'est pas en état d'être déployé, si ce n'est qu'avec précautions... C'est une relique vraiment nationale qu'il faut absolument conserver au prix des plus grands sacrifices».
1848 (24 juin 1848) Baillairgé prête le drapeau pour qu'il soit présenté à la foule lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Les représentants de la Société Saint-Jean-Baptiste défilent dans les rues de Québec avec cette bannière, rapporte-t-on. En 1902, le curé Filiatrault, de Saint-Jude, hisse un drapeau azur qu'il a lui-même confectionné et qui reprend la bannière de Carillon en y ajoutant une croix blanche.
1858 (Juillet 1858) Le drapeau est déployé une dernière fois pour le bicentenaire de la bataille au site de Carillon (fort Ticondéroga, New York).
1902 Le curé de Saint-Jude, l'abbé Elphège (ou Eugène) Filiatreault hisse sur son presbytère un drapeau de sa confection : champ bleu traversé par une croix blanche et orné en ses coins de quatre fleurs de lys inclinées et pointant vers le centre vers des armoiries du Roi de France. Le Chanoine Groulx fera redresser les fleurs de Lys qui pointeront désormais vers le haut.
1903 On ajoute au centre du drapeau l'image du Sacré Coeur ensanglanté entourée de feuilles d'érable et il est dès lors considéré comme le drapeau national des Canadiens français.
1925 Le gouvernement du Québec décrète le 24 juin comme jour férié.
1926 L'Assemblée législative donne le drapeau pour emblème à la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.
1935 À la demande de l'abbé Lionel Groux, l'Assemblée nationale décide de supprimer l'image du Sacré-Coeur.
1946 Le drapeau fleurdelysé est proposé à l'Assemblée législative par le député René Chaloult.
1947 (3 décembre 1947) le député René Chaloult dépose une motion visant à doter le Québec d'un signe distinctif ; cette motion est aussitôt récupérée par le Parti de l'Union nationale dirigé par Maurice Duplessis : sur ordre du premier ministre Maurice Le Noblet Duplessis, le fleurdelysé est hissé pour la première fois sur le mat de la tour du Parlement de Québec.
1948 (21 janvier 1948) Un décret du gouvernement dirigé par Maurice Duplessis consacre le fleurdelisé comme drapeau du Québec ; celui-ci est hissé le même jour sur le mat de la tour du Parlement de Québec.
1950 (9 mars 1950) Adoption de la loi sur le drapeau officiel par l'Assemblée législative du Québec-ALQ ; c'est à ce moment que les fleurs de lys, jusque-là penchées,vers le centre sont officiellement redressées et leurs pointes orientées vers le haut du drapeau.
1965 Le Canada se dote d'un drapeau. l'Unifolié (Feuille d'Érable sur fond blanc).
1967 (22 juin 1967) Par décret du gouvernement du Québec, le drapeau du Québec doit à l'avenir flotter à la place d'honneur (à droite, s'il y a deux drapeaux, au milieu, s'il y en a davantage) sur tous les édfices des commissions, régies et autres organismes du gouvernement et sur toutes les écoles et maisons d'enseignement relevant du ministère de l'Éducation du Québec.
1977 Le gouvernement du premier ministre René Lévesque officialise le 24 juin comme la fête nationale du Québec.
(Sources : Le Devoir, 21 janvier 2014, page A7 ; Le Journal de Montréal, 24 juin 2016, page 19)
2018 (21 janvier 2018) La ministre de la Culture et des communications du Québec, madame Marie Montpetit, annonce que la bannière de Carillon a été classée Objet patrimonial en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec.
Ce drapeau est, en fait, une reproduction inspirée librement d'un étendard religieux présent lors de la bataille de Fort-Carillon qui, en juillet 1758, opposa les Forces françaises aux Forces britanniques à Ticonderoga aujourd'hui situé dans l'État de New York aux États-Unis.
Dans un poème intitulé Le drapeau de Carillon, Octave Crémazie avait plaidé pour la prise de conscience d'une destinée française en Amérique et pour la défense et l'affirmation des droits de celle-ci. L'intérêt suscité par cette question mérite à Crémazie d'être considéré comme le poète national et, par une soumission publique, les citoyens lui élève un monument de bronze au Carré Saint-Louis à Montréal.
NOTA : Écu est un nom qui peut faire référence à un bouclier allongé par le bas et portant un blason, ou, en héraldique, au support physique du blason . Écu se dit shield en anglais.
Emblème floral du Québec
IRIS VERSICOLORE
Le lys blanc est choisi en 1963 comme emblème du Québec, mais il s'agit d'une fleur d'origine méditerranéenne qui ne pousse pas, chez-nous à l'état sauvage; en conséquence, une loi est adoptée par l'Assemblée nationale le 28 octobre 1999 qui fait de l'iris versicolore l'emblème floral du Québec; cette fleur printanière indigène, qui pousse à l'état sauvage sur plus de la moitié du territoire du Québec, doit son nom aux nombreuses couleurs de ses pétales, et à la variation de ces couleurs selon les régions où elle pousse. Le lys blanc demeure cependant le symbole qui orne le drapeau du Québec.
Emblème avial du Québec
HARFANG DES NEIGES
Choisi le 10 novembre 1987. Chasseur diurne ; l'envergure de ses ailes varie de 1,5 à 1,8 m. Le mâle est entièrement blanc à l'exception de quelques petits points bruns foncés, la femelle, d'une taille plus considérable (66 cm, 2,3 kg) que celle du mâle (59 cm, 1,8 kg), et les jeunes ont le plumage parsemé de rayures brunes ou noirâtre. La femelle pond de 5 à 9 oeufs par nichée à raison de 1 tous les 2 jours ; c'est à elle qu'incombe l'incubation ; les jeunes quittent le nid une cinquantaine de jours après l'éclosion. Le harfang n'est pas un oiseau migrateur ; au Québec, on le retrouve principalement à l'extrême nord et sur les côtes de la baie d'Ungava ; il niche un peu partout dans la toundra arctique et ne vient au sud que de façon cyclique, c'est à dire lorsque diminue la population de lemmings, base de son alimentation ; on le trouve alors jusque dans la région de Montréal.
