Ordre de Jacques-Cartier (définition)

Un article de la La Mémoire du Québec (2022).

  • S'estimant constamment freinés dans leurs promotions par l'influence occulte des loges maçonniques anglophones, des jeunes canadiens-français faisant partie intégrante de l'élite outaouaise et majoritairement employés par le Gouvernement fédéral fondent une société secrète calquée sur la franc-maçonnerie britannique et utilisant les mêmes méthodes de solidarité de groupe.


Cette organisation ayant pour but de veiller aux intérêts des franco-catholiques et à leur épanouissement en tant que groupe minoritaire a été fondée à Ottawa lors d'une réunion tenue le 22 octobre 1926 à l'initiative de l'abbé François-Xavier Barrette, curé de la paroisse Saint-Charles d'Ottawa et 'd'Albert Ménard, un ingénieur du ministère des Travaux publics du Canada qui en sera le premier président ; les autres membres fondateurs sont Adélard Chartrand, Émile Lavoie, Esdras Terrien, Louis-Joseph Châtelain, Philippe Dubois, Achille Pelletier et Charles Gautier.

Elle est conçue pour contrer l'influence occulte des orangistes anglais, des francs-maçons anglophones et des Irlandais catholiques qui entravaient, à leur façon, la promotion sociale et économique des Canadiens français.

Son credo est «religion, fraternité, discrétion».

Sont objectif est «défendre les intérêts des minorités franophones du Canada par l'entremise d'une élite militante qui devait s'infiltrer et noyauter l'administration publique et l'entreprise privée». La stratégie de l'Ordre est de noyauter les lieux de pouvoir afin d'y imposer ses idées.»

Elle mène essentiellement cinq combats :
1.La défense du fait français,
2. La sauvegarde de l'influence du catholicisme,
3. La dénonciation du communisme
4. La promotion de l'achat chez-nous et
5. La valorisation du monde rural.
Elle s'inscrit donc dans l'esprit du duplessisme et du nationalisme conservateur.

Appelée Ordre de Jacques Cartier par ses fondateurs, cette société, aussi appelée «La Patente», essaime un peu partout au Canada français en recrutant des membres même en dehors des cadres de la fonction publique fédérale.

Émile Lavoie a élaboré le rituel de la société dont la première initiation de nouveaux membres a lieu à l'hiver 1927.

La société, dirigée par une chancellerie, est divisée en cellules locales appelées commanderies.

En 1930, l'Ordre comptait 16 commanderies, dont 9 en Ontario, 5 au Québec, et 2 dans l'Ouest du Canada.

En 1939, l'Ordre comptait 59 commanderies dont 39 au Québec, 13 en Ontario et 7 dans le reste du Canada.

L'Ordre qui compte environ 12 000 membres à sa dissolution, a déjà compté près de 70 000 membres au Canada ; tous masculins.

Parmi ses membres connus, on compte André Laurendeau, Gérard Filion, Claude Morin, Michel Chartrand.

Le 27 ou 28 février 1965, des dissensions idéologiques entre les commanderies du Québec, d'une part et celles des autres régions du Canada, d'autre part, incitent ces dernières à proposer la dissolution de l'Ordre ; leur proposition ayant recueilli une majorité des représentants des commanderies, l'Ordre met fin à son existence.

  • Bibliographie :


La Patente (Roger Cyr, 1964)
L'Ordre de Jacques-Cartier (Denise Robillard, Fides, 2009).

Filmographie :

L'Ordre de Jacques-Cartier, un mystère oublié (documentaire, réalisation de Robert Verge, 2001).

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