Lapierre (Jean-Charles dit Jean.)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Homme de loi (avocat) et homme politique né en 1956 (7 mai 1956) à Bassin (Îles-de-la-Madeleine).
Études à l'Université d'Ottawa (droit).
Député du Parti libéral du Canada-PLC de Shefford (1979 - 26 juin 1990), député indépendant de Shefford (26 juin 1990 - 17 décembre 1990), puis député du Parti libéral du Canada-PLC d'Outremont (2004 - 2007) à la Chambre des communes-Cdesc du Canada.
Ministre d'État à la Jeunesse, à la Condition physique et aux Sports amateurs (1984) dans le cabinet du premier ministre John Napier Turner.
Le 26 juin1990, il démissionne du Parti libéral du Canada à la suite de l'élection de Jean Chrétien comme chef du Parti libéral du Canada qu'il tient responsable de l'échec des accords du lac Meech. Il siègera dès lors à la Chambre des communes comme député indépendant.
En 1991, avec d'autres députés du Québec à la Chambre des communes, dont Lucien Bouchard et Gilles Duceppe, il contribue à la fondation du Bloc québécois qu'il qualifie d'Opposition circonstancielle et temporaire.
En 1992, il démissionne de son poste de député pour entreprendre une carrière d'animateur de radio et de télévision aux réseaux Télémédia et Radiomédia, au réseau de télévision francophone TVA et au réseau de télévision anglophone CTV.
Du 3 octobre 1994 au 1er juin 2000, il co-anime avec Jean Cournoyer l'émission Face-à-Face au poste de radio CKAC de Montréal.
En 2004, il retourne à la politique comme lieutenant québécois de Paul Martin, qui a succédé à Jean Chrétien comme premier ministre du Canada.
Ministre des Transports du Canada dans le cabinet de Paul Martin (20 juillet 2004 - 2 février 2006).
Revient à la radio en janvier 2007 à la station 98.5 FM de la compagnie Corus Québec.
Le 22 mai 2011, lors de la présentation du rapport de l'Unité anti-collusion du ministère des Transports du Québec, le directeur de cette unité et ancien chef de police de Montréal, Jacques Duchesneau, affirme qu'il a subi de l'intimidation de la part de journalistes qu'il ne nomme pas.
Lapierre met Jacques Duchesneau en demeure de cesser de le diffamer, puis, le 30 septembre 2011, il intente une action en diffamation de 250 000 $ contre Pierre Sormany, directeur des émissions d'affaires publiques de Radio-Canada et responsable de l'émission «Enquête», qui avait affirmé sur le réseau social Facebook que l'un des journalistes visés par Duchesneau était «Jean Lapierre, ancien politicien et animateur-choc de TVA et LCN, qui, selon Pierre Sormany, «offre aussi ses services-conseils en relations publiques et qui compte parmi ses clients, l'entrepreneur «Antonio Accurso*». À la suite de cet événement, Pierre Sormany prend sa retraite de Radio-Canada.
Le 7 octobre 2011, lors de son intervention journalière à l'émission matinale du poste de radio 98.5, Lapierre s'insurge contre une déclaration de madame Fatima Houda-Pépin, députée du parti libéral de La Pinière à l'Assemblée nationale, qui souhaite que le nouveau pont qui sera construit pour remplacer le pont Champlain soit financé par le péage de l'industrie du camionnage, ce que Lapierre considère comme une proposition stupide ; le 8 octobre suivant, les journalistes de La Presse, Fabrice de Pierrebourg, André Noël et Francis Vailles, révèlent que le 8 septembre précédent, Jean Lapierre avait été rémunéré pour livrer une conférence lors d'une assemblée de l'Association du camionnage du Québec.
Le 6 septembre 2012, le juge Michel Yergeau condamne Pierre Sormany à payer 20 000 $ à Jean Lapierre, jugeant que celui-ci n'avait perdu ni son honneur ni sa réputation, mais que l'un et l'autre avaient néanmoins été entachés.
Le 29 mars 2016, vers 12 h 40 (heure des îles-de la-Madeleine, 11 h 40, heure de Montréal), un avion Mitsubishi turbo-prop MU-2B-60 propriété d'Aéro-Teknic dans lequel Jean Lapierre prend place pour se rendre aux funérailles de son père décédé aux Îles-de-la-Madeleine, s'écrase dans un champ de Havre-aux-Maisons près de l'aéroport des Îles ; Jean Lapierre, sa conjointe, Nicole Beaulieu, deux des frères de Jean, Jean-Marc Lapierre, Louis Lapierre, et sa soeur Martine Lapierre, périssent avec lui, de même que le pilote, Pascal Gosselin, et le co-pilote, Fabrice Loubarel ; selon les ambulanciers, 6 des 7 personnes ont été déclarées mortes sur le site et l'autre est décédée plus tard ; à l'époque, on n'a pas révélé le nom de cette dernière personne et, en 2024, l'identité de ce survivant n'était toujours pas publié.
Le 13 juillet 2016, le Bureau de la Sécurité des Transports du Canada publie son rapport préliminaire sur l'incident du 29 mars 2016 ; il y révèle que les commandes de vol, le train d'atterrissage et les systèmes de navigation ne présentaient aucune anomalie mécanique, mais que l'appareil volait trop rapidement et trop haut ; le pilote Pascal Gosselin avait suivi un programme de formation, il possédait les licences et les qualifications nécessaires pour effectuer le vol conformément à la réglementation en vigueur et il avait aussi accumulé 2 500 heures de vol au total dont 140 au commande de ce type d'avion. Fabrice V. Labourel, le co-pilote ne pouvait pas piloter l'appareil, mais il avait été invité à aider le pilote ; le rapport du Bureau de la Sécurité des Transports du Canada souligne que l'appareil volait à 90 noeuds plus rapidement que la vitesse standard (240 noeuds au lieu de 150 noeuds) ; lors de son approche la vitesse de l'appareil est descendue à 175 noeuds, 25 noeuds de plus que la vitesse standard lors de cette opération. (Le Devoir, 14 juillet 2016, page A5)
Le 19 juin 2017, l'Assemblée nationale du Québec décerne à Jean Lapierre à titre posthume la médaille D'Arcy-McGee de citoyenneté.
Nota :
La Médaille D'Arcy-McGee de citoyenneté est attribuée chaque année pour reconnaître les réalisations exceptionnelles des personnes ou des organisations qui ont amélioré la vie des résidents de la circonscription de D'Arcy-McGee. Les récipiendaires sont habituellement (mais pas toujours) des résidents de la circonscription.
Le 10 janvier 2018, selon le rapport du Bureau de la Sécurité des Transports du Canada-BSTC, l'avion avait une trajectoire sinueuse lors de l'approche vers la piste d'atterrissage. Il volait trop haut et trop vite, puis, finalement, trop lentement.
En moins de 10 secondes, tout aurait basculé, l'appareil aurait plongé vers la droite et se serait écrasé dans un champ, entraînant dans la mort sept personnes dont Jean Lapierre.
Une série de manoeuvres du pilote aurait mené à cette tragédie survenue le 29 mars 2016 aux Îles-de-la-Madeleine. Le pilote a pris des risques et a tenté de faire atterrir l'appareil malgré une approche non stabilisée. La présidente du BSTC estime que les pilotes «doivent abandonner l'approche et faire reprendre de l'altitude à leur appareil dès qu'ils constatent que les conditions d'un atterrissage réussi ne sont pas réunies». Selon les constatations du Bureau, ce sont les erreurs du pilote qui ont mené à la catastrophe ; le docteur Martin Clavet, le coroner qui a aussi enquêté sur l'accident à conclu que «Ces décès accidentels étaient évitables». Selon Madame Natasha Van Yhemsche du Bureau de la Sécuriré des Transports du Canada, «l'avion Mitsubichi MU-2B pose des défis aux pilotes». Le docteur Martin Clavet du Bureau du Coroner, blâme à mots couverts
«un état d'esprit, voire une mentalité propre à l'aviation «qui mène certains pilotes à tenter des atterrissages malgré des conditions dangereuses». Il est essentiel pour un pilote de reconnaître qu'un nouveau plan de vol devient nécessaire lorsque les circonstances changent», écrit-il, après son analyse systématique des événements qui ont mené à l'écrasement» du 29 mars 2016.
Le 28 mars 2019, Le Journal de Montréal (page 14) rapporte que la famille de Nicole Beaulieu, l'épouse de Jean Lapierre, et la famille de Martine Lapierre, la soeur de Jean Lapierre, intentent une poursuite de centaine de milliers de dollars contre la compagnie d'assurance américaine Starnet qui assurait Pascal Gosselin le pilote et propriétaire d'Aéro Teknic qui a aussi péri dans l'accident, Aéro Teknic était propriétaire et donc, selon la poursuite, responsable du petit avion qui transportait Lapierre, son épouse et ses soeurs le 29 mars 2016 ; selon la déclaration de la poursuite, le pilote aurait commis des fautes et aurait été négligent dans la planification, la préparation et l'exécution de ce vol et serait entièrement responsable de l'écrasement. Selon la poursuite, le pilote aurait commis de nombreuses fautes, dont «avoir conservé une altitude trop élevée pour économiser du carburant» ce qui a retardé la descente, qui s'est donc, par la suite, effectuée trop rapidement. Les demandeurs lui reprochent également d'avoir été distrait dans son travail puisqu'il participait à la formation de Monsieur Fabrice Labourel, qui agissait alors comme copilote durant ce vol.
Post Mortem :
Le 1er septembre 2020, le poste de télévision LCN annonce la diffusion d'un documentaire sur la personnalité de Jean Lapierre qui a oeuvré à ce poste de 2007 à 2015.
Le 24 août 2021, la ville de Granby inaugure la place à laquelle elle a donné le nom de Place-Jean-Lapierre en l'honneur de Jean Lapierre, ex-député de la circonscription fédérale de Shefford dans laquelle la ville de Granby est située. Cette place est située dans la ville de Granby, à l'angle des rues Principale et Saint-Antoine.
- Publications :
Confessions post-référendaires. Les acteurs politiques de 1995 et le scénario du oui.
(essai historique, par monsieur Jean Lapierre avec madame Chantal Hébert, Éditions de l'Homme, Septembre, 2014).
