Desfossés (Raymond)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Gangster né en 1951.
Un des leaders du West End Gang.
En 2023 il avait complété une sentence de18 ans de prison pour importation illégale de cocaïne
En 1975, Raymond Desfossés fait la connaissance de Gérald Gallant alors qu'ils sont tous deux détenus au pénitencier de Cowansville.
En mai 1998, Desfossés est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 12 ans de sa peine derrière les barreaux pour le meurtre d'un trafiquant de drogues en Floride.
Alors qu'il est détenu au pénitencier fédéral de Drummondville, Gérald Gallant devient un informateur de police
Au cours de l'été 2000 , durant la guerre des Motards, Desfossés offre un contrat de 250 000 $ pour l'assassinat de Maurice «Mom» Boucher.
Le 7 juillet 2000, le prêteur usurier, Robert (Bob) Savard est assassiné. (on croit que l'assassin pourrait être Gérald Gallant.
Au cours de l'hiver 2000-2001, Desfossés est transféré dans un pénitencier fédéral canadien où il obtiendra une libération conditionnelle.
Le 30 mai 2001, Yvon Daigneault est abattu (par erreur???) au bar La Cachette de Sainte-Adèle.
En septembre 2004, lors du projet dit Calvette, Desfossés est arrêté pour l'importation de 750 kg de cocaïne et il est condamné à 13 ans de prison.
À la suite de déclarations de Gérald Gallant révélées le 26 mars 2009, Desfossés est arrêté et accusé d'avoir commandé les meurtres de :
Louis Desjardins commis par Denis Gaudreault à Sept-Îles le 22 janvier 1980,
Marcel Lefrançois commis par Réjean-Claude Juneau commis le 16 février 1984,
Salvatore Luzi commis le 28 mai 1990,
Richard McCurnaghan commis le 18 mars 1991 à Pointe-Saint-Charles (Montréal) présumément par Gérald Gallant,
Robert «Bob» Savard commis le 7 juillet 2000.
Yvon Daigneault commis le 30 mai 2001 à Sainte-Adèle, présumément par Gérald Gallant.
NOTA : Lors de son arrestation pour ces meurtres, Raymond Desfossés était détenu à l'institut Leclerc pour importation illégale de drogues.
Le 20 février 2014, Desfossés est condamné à 114 mois (9,5 ans) de prison qui s'intègrent à une sentence de 18 mois de prison pour complot pour les meurtres de «Louis Desjardins, Marcel Lefrançois, Salvatore Luzi, Richard McCurnaghan, Robert «Bob» Savard et Yvon Daigneaut».
Le 7 mars 2016, Desfossés demande à la Cour d'appel de réduire la peine qui lui avait été imposée en 2014 ; il allègue que la Couronne a bafoué ses droits constitutionnels comme elle l'avait fait dans le cas de cinq Hells Angels accusés de meurtre et de complot et que le juge Brunton avait libéré à l'automne 2015 à la suite de la divulgation tardive par la poursuite d'éléments de preuve susceptibles de miner la crédibilité du «délateur, l'ex-motard Sylvain Boulanger ; la poursuite avait laissé entendre que Boulanger pourrait témoigner pour corroborer les déclarations déjà détaillées du délateur Gallant à l'encontre de Desfossés ; selon Desfossés, cette stratégie l'aurait indûment influencé à négocier un plaidoyer de culpabilité aux accusations de complot pour meurtres sur une période de 22 ans (de 1980 à 2002). (Journal de Montréal, 9 mars 2016, page 15).
Le 18 mai 2017, devant trois juges de la Cour d'appel du Québec, Desfossés se dit victime d'abus de la Couronne parce qu'il aurait eu une estimation biaisée de la force de la preuve lorsqu'il a admis avoir comploté des meurtres sur une période de 22 ans, de 1980 à 2002. Les trois juges (France Thibault, Jacques Dufresne et Jacques J. Lévesque) rejettent en bloc les arguments de Desfossés qui devra donc rester en prison jusqu'en 2023.
En 2017, aux deux tiers de sa peine, Desfossés est libéré sous condition (demeurer dans une maison de transition).
Le 12 janvier 2018, Raymond Desfossés réussit à convaincre la Commission des libérations conditionnelles de lever la condition de demeurer dans une maison de transition ; il invoque que ceux qui voudraient le tuer auraient une cible facile dans cette maison ; il voudrait retourner dans sa résidence de Trois-Rivières. La commission accepte, mais l'oblige à demeurer à l'intérieur des limites de Trois-Rivières et à constamment porter un bracelet électronique afin que les autorités sachent toujours où il se trouve.
Le 9 mai 2023, Raymond Desfossés, 72 ans, est arrêté à Trois-Rivières lors d'une perquisition de la Gendarmerie Royale du Canada- GRC visant de présumés trafiquants de cocaïne.
Le 2 août 2024, TVA Nouvelles rapporte que Raymond Desdossés est décédé à la maison Albatros de soins palliatifs de Trois-Rivières où il séjournait depuis plusieurs mois.
NOTA : Raymond Desfossés avait notamment écopé de 18 ans de prison en 2005 pour avoir orchestré l'importation au pays de près d'une tonne de cocaïne et d'avoir comploté dans six des 28 meurtres commis par le tueur à gages Gérald Gallant entre 1980 et 2001.
Au plus fort de la guerre des motards, Desfossés avait même donné un contrat à Gallant pour qu'il élimine le chef des Hells Angels, Maurice «Mom» Boucher. Le contrat n'avait toutefois jamais été exécuté.
VIE DE RETRAITÉ
Libéré du pénitencier en 2017, les autorités croyaient fermement que Desfossés avait cheminé et qu'il avait évolué positivement dans sa réinsertion sociale.
Mais elles se trompaient: le vieux caïd aurait renoué avec son passé de criminel endurci et s'est de nouveau fait passer les menottes au printemps 2023, dans le cadre d'une vaste enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
La police fédérale ciblait alors un important réseau de trafic de stupéfiants basé en Mauricie et était convaincue que Raymond Desfossés en était la tête dirigeante, et ce, malgré ses importants problèmes de santé.
Lors de la perquisition menée à sa résidence, les policiers avaient notamment découvert 70 000 $ en argent comptant, ainsi que cinq téléphones cellulaires, dont certains étaient cryptés.
La Commission des libérations conditionnelles du Canada avait d'ailleurs évoqué que «l'encryptage d'appareils de télécommunication est fréquemment utilisé par des individus impliqués dans des activités criminelles».
Pour avoir enfreint ses conditions de remise en liberté, celui que la police surnommait à l'époque «le roi de la cocaïne» avait été renvoyé derrière les barreaux pour purger le reste de sa peine de 18 ans.
- Avec la collaboration de Jean-Louis Fortin
- Publications :
Gallant : Confessions d'un tueur à gages (2015).
Voir également Guerres des gangs.
