Trudeau (Yves «Apache»)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Meurtrier (tueur à gages) né en 1944.
Travaille à la Canadian Industries Limited-CIL dans le département des explosifs (détonateurs et dynamite).
Membre du chapitre North (Laval) du gang des Hells Angels.
Porte l'insigne Filthy Few accordé par le chef des Hells-Angels à ceux qui ont déjà tué des personnes pour le gang.
Le 15 février 1978, il abat Robert Côté à la brasserie Joey, à l'angle des rues Saint-Hubert et de Castelneau; c'est le début de la guerre entre les membres du Outlaws Motorcycle Club et ceux du gang des Hells-Angels au Québec.
Le 12 octobre 1978, des membres du gang des Hells Angels sont abattus au Café Tourbillon de la rue Beaubien à Montréal.
Le 10 novembre 1978, Trudeau abat Brian Powers, ancien président du chapitre du Québec du Outlaws Motorcycle Club, au domicile de Powers dans l'Ouest de Montréal.
Le 8 décembre 1978, à Greenfield-Park, Trudeau abat le motard William Weichold, qu'il méprend pour un membre des Outlaws.
Le 29 mars 1979, à Longueuil, Trudeau fait sauter la voiture de Roland Dutemple, un membre du Outlaws Motorcycle Club qui avait désigné les membres du gang des Hells-Angels tués le 12 octobre 1978 au café Tourbillon, rue Beaubien, à Montréal.
Le 3 avril 1979, Trudeau abat Robert Labelle, importateur de vêtements, trafiquant de drogues et ancien président de la bande des Huns intégrée au gang des Outlaws, au domicile de ce dernier à Fabreville (Laval).
Le 9 mai 1979, avec Yves «Le Boss» Buteau et Jean-Pierre «Matt le Crosseur» Mathieu, Trudeau assassine le membre du Outlaws Motorcycle Club, Donald McLean et sa petite amie, Carmen Piché; une bombe explose lorsque McLean fait démarrer sa moto.
Le 11 février 1980, Yves «Apache» Trudeau assassine André Desjardins, sa mère, Jeanne Desjardins et sa conjointe, Berthe Desjardins ; André Desjardins, un ex-membre du gang des Hells-Angels était soupçonné d'avoir mouchardé ses anciens amis.
Le 14 mars 1981, Robert Morin est tué par l'explosion d'une bombe posée par Yves «Apache» Trudeau dans l'automobile qu'il avait empruntée.
Le 9 mai 1981, Trudeau abat Donat Lemieux et sa petite amie, Lucie Vallières, à leur domicile de Rosemont.
Le 27 octobre 1981, Trudeau assassine un certain Hugh McCurnagan, gangster du West End, qui avait escroqué Peter Frank «Dunie» Ryan.
Le 7 mai 1983, Trudeau abat André Forget.
Le 7 juillet 1983, Trudeau abat Ronald Bernard dans le nord de la ville de Montréal.
Le 15 juillet 1983, Trudeau abat Michel Desormiers à la résidence de ce dernier à Deux-Montagnes ; Desormiers était le gendre de Frank Cotroni.
Le 10 octobre suivant, Trudeau abat Raymond Filion à la résidence de ce dernier à Laval.
En 1984, à la demande de Paul April, Trudeau abat Philippe Galipeau et sa petite amie, Rachelle Francoeur à leur domicile de la rue Cartier à Montréal.
Au cours de la même année, à la demande du gang des Gitans de Sherbrooke, Trudeau abat Jean-Noël Roy, Réjean Gilbert et Ronald «Big» Sigouin, des membres du gang des Atomes de Sherbrooke.
Le 13 novembre 1984 Trudeau et Blass reçoivent instruction d'éliminer les tueurs de Dunie Ryan.
Le 24 novembre 1984, avec Michael «Mike» Blass, Trudeau met une bombe de plastique explosif muni d'un détonnateur à retardement dans un téléviseur que Blass va livrer à l'appartement 917 du 1645, boulevard de Maisonneuve Ouest ; lorsqu'elle éclate, la bombe tue Robert Lelièvre, Paul April, Louis Charles Paquette et Gilles Paquette dans l'appartement qu'ils occupaient ; on croit que Robert Lelièvre et Paul April auraient tué le trafiquant de drogues, Peter Frank «Dunie» Ryan.
Le 1er mai 1985, Trudeau assassine Jean-Marc «La Grande Gueule» Deniger, un vendeur de drogues ami du chapitre North du gang des Hells-Angels.
Trudeau, membre du chapitre North (Laval), échappe à la tuerie de Lennoxville, le 24 mars 1985, parce qu'il était alors en cure de désintoxication à Oka ; il craint désormais pour sa vie et se cache.
Arrêté le 7 juillet 1985, il est condamné à un an de prison pour port d'arme illégale, puis, il devient délateur pour la police ; il reconnaît avoir tué ou participé aux meurtres de 43 personnes entre septembre 1970 et juillet 1985 (29 par projectiles d'arme à feu, 10 dans des explosions, 3 battues à mort et une étranglée).
En 1986, en échange de son témoignage, Trudeau n'est pas accusé de meurtre mais il reconnaît sa culpabilité d'avoir participé à 43 homicides involontaires (dont la moitié était de sa propre main), puis il est condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 7 ans de sa peine derrière les barreaux ; il désigne 95 autres meurtriers dont 34 sont déjà morts et son témoignage contribue à la condamnation de 13 membres du gang des Hells-Angels.
Ayant repris sa liberté sous conditions en 1994, il s'installe à Saint-Eustache sous l'identité de Denis Côté que lui a fournie la Sûreté du Québec sous ce nom il travaille comme préposé dans un centre pour personnes âgées ; le 17 mars 2004, il est appréhendé et accusé d'agressions sexuelles à l'endroit d'un adolescent de moins de 14 ans ; le 14 juillet 2004, il est condamné à 4 ans de prison pour ce délit. Atteint d'un cancer, il est libéré sous conditions en juillet 2008. Voir également Guerres des gangs.
En 2025, Les éditions de l'Homme publient un livre écrit conjointement par Julian Sheer et Lisa Fitterman :
Résumé
Tueur à gages pour le compte des Hells Angels dans les années 1970 et 1980, Yves Trudeau demeure l'un des meurtriers les plus prolifiques du Canada. Après avoir échappé de justesse à la mort, il devient informateur pour le gouvernement et confesse ses crimes, notamment l'exécution de 43 personnes. Ses performances en tant que témoin se révèlent toutefois désastreuses et le temps de détention minimal dont il écope suscite l'indignation de la population. Les auteurs à succès Julian Sher et Lisa Fitterman racontent l'incroyable histoire de cet assassin qui a échappé à la police et à la justice pendant plus d'une décennie. Leur récit captivant et sans concession jette la lumière sur des années marquées par la corruption, l'incompétence et... les meurtres.
Commentaires :
«À travers le récit glaçant de la vie d'un tueur à gages tristement célèbre, Lisa Fitterman et Julian Sheer livrent une histoire fascinante de l'évolution des groupes de motards criminels au Québec et du crime organisé montréalais.»
Ñ Yves Boisvert, journaliste et chroniqueur judiciaire et politique à La Presse
«Un voyage dans les profondeurs de la criminalité.»
Ñ Jacques Duchesneau, ancien directeur du Service de police de la Ville de Montréal
«Les complexités de la vie criminelle, où se mêlent ambition, violence et trahison dans un cocktail explosif.»
Ñ Garry Clement, ancien surintendant de la GRC
«Un portrait unique et détaillé de la grande époque du gangstérisme montréalais. Fruit de recherches poussées, ce livre offre une mine d'informations et s'avère une lecture incontournable pour tous ceux qui cherchent à comprendre le crime organisé au Canada.»
Ñ Andy Richards, ancien inspecteur de l'Agence de lutte contre la criminalité organisée de la Colombie-Britannique.
