Ngarukiye (Ali)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- En décembre 2023, après quatre jours de délibérations, au palais de justice de Montréal, le jury a reconnu Ali Ngarukiyeleur coupable de tentative de meurtre.
Le jury l'ignorait, mais Ali Ngarukiye avait été condamné au mois de décembre 2024 à la prison à perpétuité par un autre jury au mois de décembre pour avoir tenté de tuer le policier montréalais Sanjay Vig, une affaire tristement connue comme « l'affaire Camara ».
Radicalisé en Ontario, Ngarukiye voulait tuer des policiers et se battre dans une « guerre islamique ».
La preuve de terrorisme avait toutefois été exclue du procès.
Alors qu'il était détenu à la prison de Rivière-des-Prairies en attente de son procès pour tentative de meurtre, Ali Ngarukiye avait battu à mort André Lapierre, 57 ans, son compagnon de cellule, dans leur cellule commune au cours de la nuit du 16 au 17 juin 2021. Les blessures de Lapierre étaient si graves qu'elles ressemblaient à celles d'un piéton écrasé par une voiture. La pathologiste d'expérience affirme qu'elle n'avait jamais rien vu de tel.
Autres éléments troublants : Ali Ngarukiye a écrit une phrase au crayon Bic sur la cuisse de Lapierre. « Thay shall not create an image of a livin thing [Vous ne pouvez pas créer une image d'une chose vivante] », pouvait-on lire. Sur l'autre cuisse, le défunt affichait un tatou de femme nue. Après le meurtre, Ali Ngarukiye répétait aux agents correctionnels que Lapierre était le « Diable ».
PHOTO DÉPOSÉE EN COUR
C'est avec un crayon BIC qu'Ali Ngarukiye a écrit sur le corps de la victime.
Vraisemblablement, c'est une banale histoire de vêtements qui a poussé Ngarukiye à commettre l'irréparable.
André Lapierre reprochait à son compagnon de cellule de lui avoir volé ses vêtements et de les avoir mis dans la cuvette.
Dans les jours précédant sa mort, André Lapierre confiait à sa meilleure amie son inquiétude de partager une cellule avec Ngarukiye.
L'état mental d'Ali Ngarukiye au moment du meurtre était le seul enjeu du procès, puisque les parties avaient admis qu'il était l'auteur du crime. La Couronne faisait valoir qu'il avait l'état d'esprit adéquat pour être déclaré coupable de meurtre et qu'il n'était pas dans un épisode de schizophrénie au moment des faits.
Selon la défense, Ali Ngarukiye était non criminellement responsable du meurtre en raison de ses troubles mentaux. En raison de ses délires religieux et de ses délires de persécution, l'accusé était dans un état psychotique qui lui faisait croire qu'il devait se défendre de la victime, a plaidé Me Sharon Sandiford.
Pas moins de cinq psychiatres ont témoigné au procès, dont certains pour la défense. Aux experts, Ali Ngarukiye a comparé André Lapierre à « Satan ». Il l'a dépeint comme un homme qui défiait Dieu et qui ne le respectait pas. Même que Lapierre était un « Djinn » qui le poursuivait depuis son enfance, selon le tueur.
Malgré les propos troublants tenus par l'accusé, les experts de la Couronne estimaient qu'Ali Ngarukiye ne souffrait pas d'un trouble mental l'empêchant de distinguer le bien du mal au moment du crime. C'est la défense, pilotée par Me Sharon Sandiford, qui avait le fardeau d'en faire la preuve.
Me Sharon Sandiford, est l'avocate de Ngarurkiye.
Pour rendre ce verdict de meurtre au second degré, le jury a donc exclu la preuve de santé mentale de la défense, en plus d'être convaincu hors de tout doute raisonnable par la Couronne que Ngarukiye avait l'intention de tuer André Lapierre ou de lui causer des blessures, sachant qu'elles seraient mortelles.
Me Louis Bouthillier et Me Jean-François Roy ont représenté le Directeur des poursuites criminelles et pénales.
Les observations sur la peine sont prévues en juin 2025. Il sera automatiquement condamné à la prison à vie. La juge Myriam Lachance devra déterminer la période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle.
D'autre part, Ali Ngarukiye attend toujours de recevoir sa peine pour la tentative de meurtre du policier Sanjay Vig. Il risque également la prison à vie. Dans cette affaire, Ngarukiye avait attaqué par derrière le policier montréalais, alors qu'il donnait une contravention à un automobiliste. Ce dernier, Mamadi Camara, avait été arrêté à tort, puis innocenté.
NOTA :
Djinn : Les djinns sont des créatures surnaturelles issues de la mythologie arabique préislamique et reprises, plus tard, dans la théologie et la mythologie islamiques.
