Dies Irae, dies illa
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Texte original en latin
Dies ir¾, dies illa,
Solvet s¾clum in favlla,
Teste David cum Sib lla !
Quantus tremor est futrus,
quando judex est ventrus,
cuncta stricte discussrus !
Tuba mirum spargens sonum
per seplcra reginum,
coget omnes ante thronum.
Mors stupébit et Natra,
cum resrget creatra,
iudicnti responsra.
Liber scriptus proferétur,
in quo totum continétur,
unde Mundus iudicétur.
Iudex ergo cum sedébit,
quidquid latet apparébit,
nihil inltum remanébit.
Quid sum miser tunc dictrus ?
Quem patrnum rogatrus,
cum vix iustus sit secrus ?
Rex treménd¾ maiesttis,
qui salvndos salvas gratis,
salva me, fons piettis.
Recordre, Iesu pie,
quod sum causa tu¾ vi¾ ;
ne me perdas illa die.
Qu¾rens me, sedsti lassus,
redemsti crucem passus,
tantus labor non sit cassus.
Iuste Iudex ultinis,
donum fac remissinis
ante diem ratinis.
Ingemsco, tamquam reus,
culpa rubet vultus meus,
supplicnti parce Deus.
Qui Maram absolvsti,
et latrnem exaudsti,
mihi quoque spem dedsti.
Preces me¾ non sunt dign¾,
sed tu bonus fac bengne,
ne perénni cremer igne.
Inter oves locum pr¾sta,
et ab h¾dis me sequéstra,
sttuens in parte dextra.
Confuttis maledctis,
flammis cribus addctis,
voca me cum benedctis.
Oro supplex et acclnis,
cor contrtum quasi cinis,
gere curam mei finis.
Lacrimsa dies illa,
qua resrget ex favlla
iudicndus homo reus.
Huic ergo parce, Deus.
Pie Iesu Dmine,
dona eis réquiem. Amen.
Traduction littérale
Jour de colère, ce jour-là
Il réduira le monde en cendres,
David l'atteste, et la Sibylle.
Quelle terreur à venir,
quand le juge apparaîtra
pour tout strictement examiner !
La trompette répand étonnamment ses sons,
parmi les sépulcres de tous pays,
rassemblant tous les hommes devant le trône.
La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
quand ressuscitera la créature,
pour être jugée d'après ses réponses.
Un livre écrit sera produit,
dans lequel tout sera contenu ;
d'après quoi le Monde sera jugé.
Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d'impuni ne restera.
Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?
Quel protecteur demanderai-je,
quand à peine le juste sera en sûreté ?
Roi de terrible majesté,
qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
sauvez-moi, source de piété.
Souvenez-vous, Jésus si doux,
que je suis la cause de votre route ;
ne me perdez pas en ce jour.
En me cherchant vous vous êtes assis fatigué,
me rachetant par la Croix, la Passion,
que tant de travaux ne soient pas vains.
Juste Juge de votre vengeance,
faites-moi don de la rémission
avant le jour du jugement.
Je gémis comme un coupable,
la faute rougit mon visage,
au suppliant, pardonnez Seigneur.
Vous qui avez absous Marie(-Madeleine),
et, au bon larron, exaucé les voeux,
à moi aussi vous rendez l'espoir.
Mes prières ne sont pas dignes (d'être exaucées),
mais vous, si bon, faites par votre bonté
que jamais je ne brûle dans le feu.
Entre les brebis placez-moi,
que des boucs je sois séparé,
en me plaçant à votre droite.
Confondus, les maudits,
aux flammes âcres assignés,
appelez-moi avec les bénis.
Je prie suppliant et incliné,
le coeur contrit comme de la cendre,
prenez soin de ma fin.
Jour de larmes que ce jour-là,
où ressuscitera, de la poussière,
pour le jugement, l'homme coupable.
À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu.
Doux Jésus Seigneur,
| donnez-leur le repos. Amen. | Traduction plus littéraire |
Jour de colère, que ce jour-là
Où le monde sera réduit en cendres,
Selon les oracles de David et de la Sibylle.
Quelle terreur nous saisira
lorsque le Juge apparaîtra
pour tout juger avec rigueur !
Le son merveilleux de la trompette,
se répandant sur les tombeaux,
nous rassemblera au pied du trône.
La Mort, surprise, et la Nature
verront se lever tous les hommes
pour comparaître face au Juge.
Le livre alors sera ouvert,
où tous nos actes sont inscrits ;
tout sera jugé d'après lui.
Lorsque le Juge siégera,
tous les secrets seront révélés
et rien ne restera impuni.
Dans ma détresse, que pourrai-je alors dire ?
Quel protecteur pourrai-je implorer ?
alors que le juste est à peine en sûreté...
Ô Roi d'une majesté redoutable,
toi qui sauves les élus par grâce,
sauve-moi, source d'amour.
Rappelle-toi, Jésus très bon,
que c'est pour moi que tu es venu ;
Ne me perds pas en ce jour-là.
À me chercher tu as peiné,
Par ta Passion tu m'as sauvé.
Qu'un tel labeur ne soit pas vain !
Tu serais juste en me condamnant,
mais accorde-moi ton pardon
lorsque j'aurai à rendre compte.
Vois, je gémis comme un coupable
et le péché rougit mon front ;
Seigneur, pardonne à qui t'implore.
Tu as absous Marie-Madeleine
et exaucé le larron ;
tu m'as aussi donné espoir.
Mes prières ne sont pas dignes,
mais toi, si bon, fais par pitié
que j'évite le feu sans fin.
Place-moi parmi tes brebis,
Garde-moi à l'écart des boucs
en me mettant à ta droite.
Quand les maudits, couverts de honte,
seront voués au feu rongeur,
appelle-moi parmi les bénis.
En m'inclinant je te supplie,
le coeur broyé comme la cendre :
prends soin de mes derniers moments.
Jour de larmes que ce jour-là,
où, de la poussière, ressuscitera
le pécheur pour être jugé !
Daigne, mon Dieu, lui pardonner.
Bon Jésus, notre Seigneur,
accorde-lui le repos. Amen.
