Cournoyer (Jean)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Homme de loi (avocat) né en 1934 (16 mars 1934) à Sorel.
Études primaires et secondaires au Collège du Sacré-Coeur de Sorel (Frères de la charité).
Études classiques au Séminaire de Saint-Hyacinthe (baccalauréat ès arts de l'Université de Montréal 1955), et Études de droit à l'Université de Montréal-UdeM (licence en droit émise par le Barreau du Québec 1960).
Animateur de radio (postes CKVL à Verdun, puis CKAC à Montréal et de télévision (Télé-Québec), TVA, Radio-Canada (Français) et CBC (Anglais).
NOTA :
Parcours de Jean Cournoyer :
Cour primaire à l'école de madame Hermina Deguise sur la rue Élizabeth près du poste de police local à Sorel.
Cours secondaire au collège du Sacré-Coeur de Sorel.
Cours classique au Séminaire de Saint-Hyacinthe (baccalauréat ès arts 1955).
NOTA : Le Séminaire de Saint-Hyacinthe) est devenu Le collège Antoine-Girouard :
Cours de droit à la faculté de droit de l'Université de Montréal (baccalauréat en lettres légales : B. L.L. ; 1955-1960).
Président de l'Association des étudiants en droit de l'Université de Montréal (1956-1958)
Président de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal-AGÉUM (1958-1959).
Officier des relations de travail du Builders Exchange de Montréal, une association d'entrepreneurs de construction dont les membres sont les plus importants constructeurs de Montréal.
Directeur (1964-1968) des relations de travail de la Compagnie Canadienne de l'Exposition universelle et internationale de 1967à Montréal (connue sous le nom «Expo 67») .
Auteur de chroniques dans le Journal de Montréal.
Auteur des dictionnaires Le Petit Jean, La Mémoire du Québec de 1534 à nos jour (publié en l'an 2000) et offert gratuitement sur internet à la même époque.
Publications de Jean Cournoyer :
Le Petit Jean - Dictionnaire de noms propres du Québec ; (Stanké - Éditeur, 1993,
Plus ça change, Plus c'est pareil, Désespoir (Stanké - Éditeur, 1994)
La Mémoire du Québec de 1534 à nos jours (Stanké - Éditeur 2001), et «via internet» : memoireduQuébec.qc.ca;
Dans le feu de l'action (Les éditions de L'Homme, 2012)
Vie privée de Jean Cournoyer:
Époux (premières noces, 1957) de Michèle Dufresne, pharmacienne originaire de Trois-Rivières employée à l'hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc de Montréal ; elle sera la mère de Anne Cournoyer (1960) avocate, de Michel Cournoyer (1961) économiste et de Jean Cournoyer Jr (1963) avocat.
Michèle Dufresne est décédée en 1996, à 62 ans, à l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal (cancer du sein propagé aux poumons).
Époux (secondes noces, 1998) d'Hélène Frappier, ex-épouse de l'artiste peintre Gilbert Marion et mère de Nicolas Marion, technicien de cinéma et de Mathieu Marion, diplômé, puis professeur de philosophie à l'Université du Québec à Montréal-UQÀM.
NOTA : Technicien en cinéma : Personne qui exerce une activité créatrice et technique de cinéma (metteur en scène, camèraman opérateur, réalisateur).
Carrière de Jean Cournoyer :
Secrétaire-adjoint, puis Directeur des relations de travail du Builders' Exchange de Montréal (1961-1964) ;
NOTA : le Builders Exchange était une association patronale d'entrepreneurs en construction qui sera plus tard intégrée à l'Association des entrepreneurs en construction du Québec.
Lorsqu'il avisa Robert Nuth, le secrétaire général du Builders Exchange, qu'il quittait le Builders Exchange pour se joindre au personnel d'Expo-67 à titre de directeur des relations de travail de la Compagnie Canadienne de l'Exposition Universelle et Internationale de Montréal - Expo 67 (1964-1967), Nuth lui dit sèchement que s'il partait, il ne pourrait pas retrouver sa place au sein du Builders Exchange.
Cournoyer lui répondit que sa décision comportait nécessairement une séparation complète et qu'il acceptait l'entière responsabilité des effets pour lui-même de sa décision de quitter définitivement et sans retour le service du Builders Exchange et qu'il était au courant des difficultés de se trouver un emploi après la tenue d'Expo 67.
Cournoyer suggéra à Nuth de parler à Edmund Tobin pour le remplacer dans cette fonction.
Tobin, originaire de Sherbrooke, était l'un des confrères de Cournoyer à la Faculté de droit de l'université de Montréal-UdeM ; il fut engagé par le Builders Exchange.
Négociateur de la convention collective des enseignants de la Commission scolaire régionale de Chambly (1966-1967)
En 1967, à la demande de monsieur Jean-Jacques Bertrand, premier ministre du Québec, il accepte le poste de négociateur du gouvernement du Québec, de la Fédération des commissions scolaires du Québec et de la Quebec Association of Protestant School Boards à la table de négociation des conventions collectives des secteurs élémentaires et secondaires de l'enseignement au Québec (1967-1969).
En 1969, encore à la demande du premier ministre Jean-Jacques Bertrand, il présente sa candidature, puis il est élu député du Parti de l'Union nationale-UN de Saint-Jacques à l'Assemblée nationale du Québec poste qu'il occupera de 1969 à1970 ; L'Union Nationale perd les élections provinciales de 1970 aux mains du parti libéral dirigé par Robert Bourassa.
Celui-ci invite Cournoyer à faire partie de son gouvernement.
Lorsqu'il annonça sa décision à son épouse, elle lui dit : «Si tu veux faire de la politique fais-en, mais, ni moi ni nos enfants n'en feront»! c'était péremptoire et indiscutable» et l'épouse a laissé son mari assumer seul sa décision.
Ministre de la Fonction publique (1969-1970), puis ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre (1970) dans le cabinet de Jean-Jacques Bertrand. À cette époque, le ministre de la Fonction publique assumait la responsabilité politique des relations avec le personnel du gouvernement ainsi que des organisations dont les budgets étaient accordés et financés par le gouvernement du Québec (Hôpitaux, Commissions scolaires, Cégeps, Sûreté du Québec-SQ. et fonctionnaires provinciaux).
Candidat du Parti de l'Union nationale-UN de Saint-Jacques défait par Claude Charron du Parti québécois-PQ aux élections générales de 1970. Il est donc encore une fois devant un avenir incertain.
Le 17 octobre 1970, Pierre Laporte le ministre libéral du Travail, est assassiné par des membres du FLQ (Front de libération du Québec).
Le 27 octobre 1970, le premier ministre libéral Robert Bourassa annonce qu'il a l'intention de nommer Cournoyer ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre pour succéder à Pierre Laporte récemment assassiné.
Cournoyer téléphone à son épouse pour lui apprendre cette décision, elle lui répond qu'elle le savait parce qu'un détachement de l'armée canadienne avait déjà envahi notre maison et qu'elle leur avait prêté le garage pour que les soldats ne gèlent pas dehors alors que le thermomètre extérieur marquait entre -10 et -20degrés centigradesCégepsCégeps.
Expressions utiles durant l'hiver québécois :
Une charrue ou Souffleuse : Chasse-neige, déneigeuse
Poudrerie : le vent qui souffle la neige au sol
Il tombe des peaux de lièvres : une neige lourde qui tombe en très gros flocons.
Il tombe des poils de lièvre : précipitation de neige légère.
Slush : mélange de neige, d'eau et de sel (calcium)
Bourrasque de neige : chute de neige de forte intensité, accompagnée de forts vents, qui rend la visibilité nulle pendant 15 à 30 minutes.
Banc de neige : accumulation de neige en tas
Bordée de neige : tempête de neige et grosse accumulation
Crazy carpet : tapis-luge.
Foulard : Écharpe
Mitaines : Moufles
Il fait frette : Il fait très froid
Du frimas dans les vitres : du givre sur les fenêtres
Être gelé comme une crotte : Avoir froid
Avoir la guédille au nez : avoir la morve au nez
Ski-doo : Motoneige
Tuque : bonnet d'hiver
Toboggan : traîneau de bois sans patins recourbé sur le devant.
On ne voit ni ciel ni terre : grosse poudrerie qui rend la visibilité nulle
Apporte ta sleigh : apporte ton traineau.
Enfile des pelures : S'habiller par couche.
Attache ta tuque avec d'la broche : prépare-toi à affronter une tempête de neige.
Il fait pas chaud pour la pompe a eau : il fait froid.
Le Québec était alors en pleine crise dite Crise d'octobre 1970.
Le 30 octobre 1970, Cournoyer a été assermenté ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre du Québec succédant ainsi au défunt Pierre Laporte.
En 1971, à la demande du premier ministre Robert Bourassa, il présente sa candidature, puis il sera député du Parti libéral du Québec-PLQ de Chambly (1971-1973) la circonscription jusque là représentée par Pierre Laporte, puis de Robert-Baldwin (1973-1976), la circonscription de l'ouest de l'Île dans laquelle la résidence de la famille Cournoyer était alors située.
Ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre (1970-1975) et ministre de la Fonction publique (1972-1973), puis ministre des Richesses naturelles (1975-1976) dans le cabinet de Robert Bourassa.
Le premier ministre Robert Bourassa lui demande de changer de circonscription électorale et de présenter sa candidature dans la région de Sorel, sa ville natale (Cournoyer a répondu : Robert, si tu veux que j'aille me présenter à Sorel, moi je ne veux pas, mais si tu m'en donnes l'ordre, j'irai !)
(Monsieur Bourassa lui en donna l'ordre et Cournoyer partit pour Sorel y rencontrer un groupe de libéraux qui le reçurent froidement et lui montrèrent que ce n'était pas parce qu'il s'appelait Cournoyer que ce groupe de faiseurs d'élection était obligé de l'aider ;« je n'étais pas leur choix et je n'avais pas un sou pour les calmer, j'étais le choix de monsieur Bourassa et ces faiseurs d'élection ne se sentaient pas obligés de m'aider ni d'obéir au Premier ministre et chef du Parti libéral du Québec ».
Candidat du Parti libéral de Richelieu à l'Assemblée nationale du Québec-ANQ aux élections générales de 1976, il est défait dans sa patrie par le pharmacien Maurice Martel candidat du Parti québécois- PQ.
Plus tard, Monsieur Bourassa l'a appelé pour lui offrir de le nommer membre d'une commission, ce que Cournoyer refusa net.
Il avait fait son devoir pendant des années difficiles au Québec, il croyait que c'était suffisant.
Il devint plutôt co-animateur avec Matthias Rioux d'émissions d'affaires publiques aux postes de radio CKVL (Verdun) puis au poste CKAC (Montréal) et à la télévision de Radio-Québec (Télé-Québec, 1976), puis de Télé-Métropole (1977-2000).
Maire de Dollard-Des-Ormeaux (1978-1982).
Co-animateur, avec Jean Lapierre de l'émission intitulée «Face-à-Face» au poste de radio CKAC de Montréal (3 octobre 1994 - 1er juin 2000) ; À cette date, Jean Lapierre retourna comme conseiller politique de Paul Martin alors chef du Parti libéral du Canada ; Lapierre avait quitté la politique fédérale lorsque Jean Chrétien était devenu chef du Parti libéral du Canada à la suite d'une lutte interne pour ce poste. Pour Jean Lapierre, un ami de Paul Martin, Jean Chrétien n'était pas le candidat préféré pour diriger le parti libéral du Canada.
Chroniqueur au Journal de Montréal (2004 - 2005).
Co-animateur avec Gérald Larose d'une émission d'affaires publiques au poste de radio CKAC de Montréal (2005-2006) Nota : Gérald Larose était un ex président de la CSN (Confédération des Syndicats Nationaux).
Chroniqueur au magazine La Semaine (2011)
Membre du Comité de Vigie sur la référence de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction (2013 - 2014).
Membre du Cercle des honoraires du Régiment de Maisonneuve à Montréal (2013).
Vie familiale :
Époux (premières noce ; 1957-) de Michèle Dufresne, une pharmacienne originaire de Trois-Rivières rencontrée lorsqu'elle était venue s'asseoir devant lui lorsqu'il dînait seul à la cafétéria du Centre social de l'Université de Montréal ; elle l'avait apprécié lorsqu'il avait participé à un débat du midi dans une salle de l'Université (Michèle Dufresne est décédée en 1996 à l'âge de 62 ans ; cancer du sein devenu cancer général) mère des trois enfants de Jean Cournoyer (Anne Cournoyer, Michel Cournoyer et Jean Cournoyer Jr).
Grand-père d'Annie Cournoyer (technicienne en architecture - T.-A.), et de Lia Cournoyer (fille adoptive d'origine chinoise de Jean Cournoyer Jr et de son ex-copine, Sophie Dufresne ; celle-ci était la nièce de Michèle Dufresne épouse de Jean Cournoyer Sr.).
Voir Québec (province). Crises. Crise d'octobre 1970.
tions :
- Publications : «un pompier dans le feu de l'action». Autobiographie de Jean Cournoyer: 2012
DANIEL LEMAY
LA PRESSE, du samedi 20 janvier 2024)
Dans son autobiographie publiée en 2012 aux Éditions de l'Homme, Jean Cournoyer raconte son passage en politique dans les tumultueuses années 70.
«Parce qu'à 78 ans, il reste moins de temps qu'il en restait», Jean Cournoyer a décidé de se raconter, non pas en se regardant le nombril ou en réglant des comptes, mais en mettant sa carrière d'homme public en parallèle avec l'évolution du Québec mouvant d'il y avait un demi-siècle. Le titre «Dans le feu de l'action» résume bien cette carrière politique courte (1969-76), mais d'une rare intensité dramatique en matière de défis et d'action».
Mis à jour le 25 oct. 2012
À l'époque où le Québec n'était qu'une flambée de revendications sinon de violence, personne d'autre que lui n'a éteint autant de «feux»... ni en avoir vu autant caractériser une époque au Québec.
Jean Cournoyer a été négociateur du gouvernement, puis ministre avec les Bleus de Jean-Jacques Bertrand, puis avec les Rouges de Robert Bourassa.
Ministre de la Fonction publique, ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre dans la première moitié des années 70... Pas reposant, comme ministère : une grève n'attendait pas l'autre, impromptue, générale, illimitée. Les policiers et les pompiers de Montréal en même temps et, plus tard, toute la fonction publique? «Des malades abandonnés dans leur lit, des malade mentaux laissés à eux-mêmes : ça n'avait aucun bon sens!»
Plus de 250 000 travailleurs sont en grève: qu'est-ce que le gouvernement doit faire?» Une province paralysée, avec des gens qui souffraient et d'autres qui soufflaient sur le feu. Comme dans les chantiers saccagés de la baie James...
Devant le Front commun, les travailleurs en colère et les chefs syndicaux emprisonnés, arrivait Ti-Jean Cournoyer, haut de même, 110 livres «tout trempe» mais doté de beaucoup de matière grise entre ses deux grandes oreilles, qualités qui lui conféraient une remarquable capacité d'écoute. Pour aller, vite «parce que ça pressait», à l'essentiel du problème en discernant le faisable. Si l'on voit la politique comme l'art du possible, Jean Cournoyer était politicien jusqu'au bout des doigts.
Comment le syndicalisme québécois a-t-il évolué? , demande-t-on au parrain de la loi anti-briseurs de grève. «Dans les syndicats, il y a toujours deux groupes: la construction et les autres», dit-il en rappelant que les problématiques actuelles de violence, de chantage et de corruption n'ont rien en soi de nouveau.
Sur l'échiquier politique, il était - il est toujours - fédéraliste: «Il m'apparaissait trop simple de mettre la faute sur le Canada pour les difficultés que nous éprouvions dans la gestion de nos affaires», lit-on dans le chapitre «Passage au journalisme». Et le rêve souverainiste qu'il a toujours confronté à la réalité dans ses Face-à-face avec Mathias Rioux à CKVL et après? «Chose certaine», dira le mémorialiste - voir La Mémoire du Québec au www.cournoyer.qc.ca -,
«l'indépendance du Québec ne se fera pas avec le Parti québécois. Si elle se fait, ce sera CONTRE quelque chose...»
Un héritage : Sur la question linguistique, l'ancien maire de Dollard-des-Ormeaux - 75% d'anglophones - et député de Robert-Baldwyn n'est pas plus énervé: «Les Montréalais ne sont pas aussi préoccupés que les Chicoutimiens de la situation du français à Montréal où tout le monde est intégré. Ce sont les anglophones qui s'isolent... dans des quartiers très fortement unilingues anglais»
Que laisse-t-il? «Rien dont les gens se souviendront vraiment», répond-il dans une langue où se mélangent l'accent des chantiers navals de Sorel, et celui du Séminaire de Saint-Hyacinthe, son Alma Mater.
«Claude Castonguay a laissé l'assurance maladie, Paul Gérin-Lajoie, le ministère de l'Éducation. Un pompier comme moi, ça ne laisse que des cendres...» «Et quelques édifices sauvés des flammes».
- Publications :
Le Petit Jean, dictionnaire des noms propres du Québec (Stanké, 1993)
Plus ça change, plus c'est pareil (chroniques, Stanké, 1994)
La Mémoire du Québec de 1534 à nos jours (dictionnaire, Stanké, 2001)
Jean Cournoyer dans le feu de l'action : Autobiographie, Éditions de l'Homme 2012 ; 343 pages)
La Mémoire du Québec (dictionnaire des noms propres du Québec ; plus de 32 000 articles) mise gratuitement à la disposition des internautes ; elle peut être consultée gratuitement sur le site suivant :
www.memoireduquebec.com.
- Distinctions :
Médaille du centenaire du Canada (1967) en reconnaissance de son travail à la Compagnie canadienne de l'Exposition universelle et internationale de 1967.
Médaille de l'Assemblée nationale : Prix René-Chaloult (mardi, 13 mai 2014). décernée pour souligner son engagement envers ses concitoyens remise à l'occasion de la 20e Assemblée générale de l'Amicale des anciens parlementaires du Québec.
Membre du Cercle du Dr Paul-David (2024)
Source, entre autres :
Dictionnaire des Parlementaires du Québec 1792-1992 (Presses de l'Université Laval à Québec, 1993)
http://archives.radio-canada.ca/societe/immigration/clips/14802/http://
