Bolduc (Roch)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Homme de loi (avocat), haut- fonctionnaire et sénateur né en 1928 (10 septembre 1928) à Saint-Raphaël, dans le comté de Bellechasse (QC).
Études à l'Université Laval à Québec-ULQ (droit et économie) ; baccalauréat ès arts (B.A. 1948), puis à l'Université de Chicago (administration publique). Doctorat en droit de l'Université Laval à Québec-ULQ (1951).
Membre de la Commission de la fonction publique du Québec (1965-1969).
Sous-ministre de la Fonction publique (1969-1971).
Secrétaire associé au Conseil du trésor du Québec (1971-1972).
Sous-ministre des Affaires municipales du Québec (1973-1977).
Président de la Commission de la fonction publique du Québec (1979-1982).
Secrétaire général (sous-ministre du Conseil exécutif) du gouvernement du Québec (1986).
Sénateur du Parti progressiste-conservateur de la division du Golfe (1988-09-26 - 2003-09-10).
Membre du Comité des Affaires étrangères du Sénat.
Saint-Raphaël est une municipalité située dans la municipalité régionale de comté de Bellechasse dans la région administrative de Chaudière-Appalaches au Québec. Wikipédia
Commentaires :
Extrait d'un éditorial sur l'opération par Claude Ryan, Le Devoir, mercredi 7 novembre 1973
«.. On remarque enfin que des hommes de première qualité sont empêchés pour toutes sortes de raison, de donner leur pleine valeur, soit parce qu'ils ont été les victimes impuissantes de situations qui exigeaient des boucs-émissaires, soit parce qu'on n'a pas su les employer au bon endroit soit parce qu'on les a mis sur une tablette pour des raisons politiques. La mise en route du nouveau gouvernement devrait fournir l'occasion de dénouer maintes situations qui se sont ainsi accumulées. On pense, en particulier, à un homme comme Roch Bolduc, l'ancien sous-ministre de la Fonction publique, qui fut sacrifié lors de la grève du Front commun sur l'autel du compromis et qui rentra dans l'oubli sans jamais se plaindre auprès de la presse ou du PQ, du sort injuste qui lui échéait. Cet homme est l'un des grands commis les plus efficaces et les plus désintéressés que l'État québécois ait jamais eus à son service. Il serait impensable et tragique que le prochain gouvernement ne lui réserve pas une fonction de premier plan.»
Réponse de Jean Cournoyer :
«La crise des secteurs publics en 1973 a été le résultat de l'attitude ferme des hauts fonctionnaires qui n'étaient pas confrontés au verdict populaire comme l'étaient les ministres.
Roch Bolduc et Jacques Parizeau avaient décidé ce que devait être la politique salariale du Québec et avaient convaincu Robert Bourassa de l'accepter.
Confronté à une grève générale des fonctionnaires du Québec, Monsieur Bourassa décida de changer la trajectoire et confia à Jean Cournoyer le soin de dénouer l'impasse.
Claude Ryan, directeur du Devoir, ne souhaitait pas de compromis, une attitude d'éditorialiste assis à son bureau et écrivant lentement son éditorial et méconnaissant ce qui se passait dans la rue ; cette attitude a sans doute contribué au prolongement de la Crise d'Oka en 1990 alors que Ryan était ministre de la Sécurité publique responsable de la Sûreté du Québec-SQ.
Quand Cournoyer se rendit chez son nouveau sous-ministre le lendemain de son assermentation comme ministre de la Fonction publique, Roch Bolduc, profondément touché dans sa position de haut fonctionnaire qui croit que les ministre ne doivent être que leurs porte-paroles temporaires, se plaignit en pleurant d'avoir été abandonné par le premier ministre et de ne pas avoir été consulté par celui-ci quant à la nomination de son patron politique. Monsieur Bolduc se doutait bien que Cournoyer ne serait pas maléable et qu'il n'accepterait pas que des hauts fonctionnaires le considèrent comme leur porte-parole et non leur supérieur ; ils craignaient, sans doute que Cournoyer refuse de se soumettre à leur vision des relations de l'État avec ses employés ; Ces fonctionnaires avaient leur fief et comme tout seigneur, il étaient les véritables détenteurs de leur pouvoir. Pour Cournoyer, la fonction de sous-ministre impliquait une relation de subalterne du ministre. Mais pour eux, c'est le ministre qui n'était que leur porte-parole et non leur patron politique ; Cournoyer refusait de n'être pour eux qu'une potiche sans contenu nommé par le premier ministre.
Cournoyer comprit alors que Monsieur Bolduc ne voulait pas que le gouvernement modifie la trajectoire que lui et Parizeau avaient fait tracer pour Monsieur Bourassa sur le tableau de l'évolution de leur Québec ; pour eux, la crise allait se résorber d'elle-même ; après tout, le Gouvernement, c'était eux et le pouvoir du Gouvernement était suffisant pour écraser celui des syndicats. ; des hauts fonctionnaires inamovibles qui trouvaient que la négociation était l'arme des faibles (selon les mots du fonctionnaire Bernard Angers qui avait participé à l'élaboration de la politique salariale du Gouvernement) ; mais ils ne se doutaient pas que monsieur Bourassa avait utilisé de la craie pour le traçage sur le tableau. Il n'avait qu'à utiliser une brosse et l'effacer pour dénouer l'impasse ; quand Cournoyer demandait à Bernard Angers de lui donner une explication de la nécessité de telle ou telle clause du projet de convention collective, Angers lui répondait «Dis leur que c'est ça, parce que c'est ça».
La brosse, ce fut Jean Cournoyer.
Profondément en désaccord avec cette nomination par le premier ministre Bourassa, Roch Bolduc se rendit chez le premier ministre pour qu'il revienne sur cette décision qu'il jugeait contraire à l'opinion des hauts fonctionnaires du Ministère de la Fonction publique québécoise, et, non satisfait de la réception que lui réserva le premier ministre Bourassa, il lui remit sa démission.
Monsieur Bourassa lui accorda une promotion horizontale en le nommant sous-ministre des Affaires municipales.
Et Cournoyer, se retrouva sans sous-ministre et obligé de prendre le dossier au complet et de repartir à zéro pour nettoyer le gâchis.
Bolduc aurait sans doute préféré être promu au poste de secrétaire du Conseil exécutif, mais Me Julien Chouinard occupait le poste. Quel sort Claude Ryan aurait-il souhaité à un haut fonctionnaire en désaccord avec le gouvernement ? Malheureusement pour Monsieur Ryan, les libéraux et moi fûmes réélus avec une forte majorité aux élections du 29 octobre 1973.
Bolduc avait été nommé président de la Commission de la Fonction publique en 1979 par le gouvernement de René Lévesque, puis, en 1986, il avait été muté au poste de sous-ministre du Conseil exécutif par le nouveau gouvernement libéral de Robert Bourassa.
En 1988, Brian Mulroney, le premier ministre conservateur du Canada, probablement à la demande du premier ministre Robert Bourassa, a nommé Bolduc sénateur, un titre qu'il devait conserver jusqu'à son décès.
Membre du Comité des Affaires étrangères du Sénat et du Comité des finances nationales.
- Publications :
Le Mandarin de l'ombre : De la grande noirceur à la révolution tranquille ; Secrets d'État
Révolution tranquille. La Cité de ombres
(Autobiographie de Roch Bolduc, Éditions du Septentrion, 2012).
- Distinctions :
Récipiendaire de la Médaille Vanier (1980) : Ce prix est décerné chaque année à une personne ayant des années de service de moyen à long terme dans le domaine de l'administration publique. Les candidats auront un bilan exceptionnel de réalisations substantielles sur de nombreuses années. Ils auront eu un impact significatif sur l'intérêt public et contribué à renforcer la confiance dans l'administration publique. Les personnes nominées doivent être capables et disposées à donner une conférence perspicace lors d'un futur événement de l'IAPC.
Processus de soumission
Toutes les soumissions pour les prix de l'IAPC utiliseront le même formulaire de nomination. Les candidatures doivent inclure une description concise du candidat et/ou de l'initiative du candidat qui a débuté et a été mise en oeuvre en 2022. Les candidats ne doivent pas être directement impliqués dans le travail du candidat. Les candidatures ne doivent pas dépasser 1 000 mots, soit environ 5 000 à 6 000 caractères. Les références sont essentielles ; chaque nomination doit être accompagnée d'au moins deux lettres de recommandation provenant d'individus qui n'étaient pas directement impliqués dans le travail du candidat.
La candidature doit répondre aux trois critères suivants:
| Des résultats significatifs avec un impact étendu et documenté | ||
| Efficacité , efficience et/ou économies de coûts | ||
| Évolutivité en tant que prototype à utiliser par d'autres |
Officier de l'Ordre du Canada-OOC (1984).
Chevalier de l'Ordre national du Québec-CONQ (1984).
